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NUTRITION - Les clés pour optimiser naturellement vos performances
Par la rédaction, le 26/05/2020

Les conseils qui suivent sont pour la plupart orientés vers un objectif : vous permettre de contrôler positivement votre inflammation. Car l’effort musculaire génère en effet un stress cellulaire, indispensable à l’amélioration des performances. Une inflammation aigüe, contrôlée, ponctuelle est bénéfique. Mais une inflammation systémique, chronique et non contrôlée altère les capacités de récupération, les performances, augmente les risques de blessures, d’infections, voire de pathologies. Or l’alimentation est un merveilleux levier pour optimiser naturellement vos performances, tout en prenant soin de votre santé.

Privilégiez une alimentation à charge glycémique faible

Le dogme des pâtes est tombé, et ce pour plusieurs raisons. La plus récente concerne la remise en question de l’intérêt du caractère indispensable à consommer une forte proportion de glucides dans l’alimentation quotidienne du sportif. En effet, même si les glucides sont indispensables à la reconstitution du glycogène brûlé au cours de l’effort musculaire (hormis dans le cadre spécifique du régime cétogène), les autres catégories de nutriments, en particulier les graisses de qualité et les fibres, jouent des rôles tout aussi nécessaires à la bonne réponse de l’organisme face à la sollicitation sportive.

D’autre part, la mise en place de stratégies visant à moduler les apports alimentaires en association avec une charge d’entraînement épuisant les réserves de glycogène (comme les méthodes train-low, sleep low ou de récupération retardée par exemple) peuvent apporter des bénéfices physiologiques. Ce type de manipulation nutritionnelle permet en effet d’optimiser la capacité de l’organisme à utiliser les graisses au cours de l’effort (stimuler la lipolyse) et peut représenter une solution intermédiaire pour les coureurs ne souhaitant pas évoluer vers une alimentation quotidienne pauvre en glucides (dite low-carb).

Enfin, la croyance, bien ancrée, selon laquelle les pâtes seraient les sucres lents de référence pour le sportif, commence à s’estomper. En effet, davantage que la simple présence d’amidon, c’est la nature de ce dernier, sa composition et la façon dont il est ingéré qui modulent la sécrétion d’insuline en réponse à leur consommation. Je prends ici l’exemple des pâtes car il s’agit du symbole de l’alimentation du sportif, mais cette notion est bien entendu valable pour les autres produits céréaliers, notamment lorsqu’ils sont raffinés.

En pratique :

Faites la part belle aux graisses de qualité

Les graisses, en particulier certains acides gras (les oméga 3 à longue chaîne) modulent positivement l’inflammation consécutive à l’effort, améliorent la réponse cellulaire grâce à une meilleure souplesse des membranes, contribuent à la structure des tissus dont le cerveau et bien entendu à une santé optimale. En pratique :

 

Que manger pendant l’effort ?

L’intestin s’adaptant à la prise de glucides au cours de l’effort chez la plupart, cette stratégie doit donc être menée régulièrement à l’entraînement pour être bien tolérée le jour d’une compétition. En pratique, comptez environ 60 à 80 g par heure de glucides (solides et boisson compris). Dans la réalité, ces conseils sont à adapter en fonction de votre tolérance personnelle mais aussi de votre modèle alimentaire. En effet, les personnes pratiquant une alimentation low-carb voire cétogène, pourront moduler ces conseils à la baisse.

Efforts longs avec forte chaleur : attention à la déshydratation et à … la surhydratation

Dans des situations extrêmes, cette hyperhydratation peut alors conduire à une perte de connaissance, voire au décès par œdème pulmonaire ou cérébral. Une prise de poids importante après une course (au-delà de 4% du poids corporel, le risque est augmenté de 45%) peut être un moyen d’identifier ce mécanisme.

Toutefois, cette perception peut être biaisée par de nombreux facteurs externes. Ainsi la recommandation de boire de 300 à 700 ml de boisson par heure au-delà des efforts de 3h est un intervalle adapté à la plupart des situations. La mise en place de mesures individuelles du niveau de déshydratation représente une solution plus précise. L’autre point, essentiel, est de consommer une boisson énergétique contenant suffisamment de sodium pour pallier, au moins partiellement, les pertes liées à la transpiration. Attention donc aux sodas, boissons énergétiques insuffisamment riches en sodium, eau bue seule, à la prise de gels énergétiques en remplacement de la boisson ou encore à la prise de pastilles de sel (trop concentrées en une prise unique). D’où l’importance de bien choisir votre boisson.

Les critères de choix de votre boisson énergétique

d’hydratation, d’apports glucidiques, sodiques et de tolérance digestive. En pratique, voici les principaux critères de choix :

Ne vous faites pas séduire par les sirènes du marketing

Gel énergétique bleu, vert, rose, luttant contre les crampes ou boostant votre énergie, boisson 0 calorie destinée aux sportifs souhaitant contrôler leur poids, boisson à consommer deux jours avant une course qui serait indispensable pour refaire votre stock de glycogène, boisson d’attente enrichie dans le dernier nutriment à la mode, rajout de Magnésium en quantité minimale réglementaire pour alléguer insidieusement sur le fait que ce produit aide à lutter contre la fatigue, etc. Un conseil : ne vous faites pas séduire par les discours du marketing de certaines marques de produits diététiques ne se fondant sur aucune justification scientifique. Ce point mériterait d’ailleurs un article à part entière. Une boisson de l’effort de qualité si vous réalisez des efforts de longue durée et éventuellement une boisson de récupération : voici ce qui est à mon sens prioritaire dans l’achat de produits spécifiques. Pour le reste, faites confiance à la nature, votre portefeuille vous remerciera.

Ne craignez pas l’hypoglycémie

Veillez-vous scrupuleusement à manger une bonne plâtrée de pâtes ou de riz au repas précédant votre épreuve ? Craignez-vous l’hypoglycémie lors d’une sortie à jeun ?

Rassurez-vous, votre corps est bien fait. Depuis des millénaires, nous avons appris à réaliser des efforts, sans pour autant disposer d’un stock de glycogène musculaire maximal. Bien entendu, si vous souhaitez vous entraîner à jeun, ne commencez pas par une longue sortie incluant du fractionné par exemple. Mais globalement, vous pouvez tout à fait vous permettre de réaliser votre séance (plutôt à faible intensité dans un premier temps) avant de manger ou de vous entraîner en soirée, sans avoir consommé une grande quantité de féculents au repas d’avant.

Profitez de la fenêtre métabolique après les efforts à forte sollicitation

ombreux athlètes). Si la sollicitation musculaire a été particulièrement forte ou que vous souhaitez prendre de la masse musculaire, vous pouvez y rajouter 3 à 5g de Leucine et réitérer la prise de protéines avec des glucides au moment du coucher.

Pas un repas sans légumes

Les fruits et légumes sont une mine d’or nutritionnelle. Ils vous apportent des fibres, des vitamines, des minéraux et oligo-éléments, de l’eau, nourrissent votre microbiote intestinal, régulent votre transit, vous procurent de la satiété, etc. Bref, bien avant de parler de pâtes, instaurer suffisamment de légumes à chaque repas est essentiel. Idéalement consommez deux sources au cours du repas, une crue pour la densité en vitamines sensibles à la chaleur (en entrée par exemple) et une cuite (plus digeste et concentrant les nutriments). En cas de sensibilité intestinale ou d’entraînement peu de temps après le repas, limitez les fibres dites dures (tous les choux, poivrons, tomates, concombres, salsifis, légumineuses, etc.) et consommez les légumes sous forme cuite, pelés et épépinés pour faciliter leur digestion,

Les derniers ont démontré un effet positif sur la santé, y compris en matière de prévention du diabète, alors que les premiers augmentent au contraire les risques d’insulino-résistance. Les jus de fruits vous apportent avant tout le sucre des fruits… occasionnellement pour le plaisir, cet aliment peut tout à fait s’intégrer dans un équilibre général, quotidiennement en remplacement du fruit, les effets sont différents.

Prenez soin de votre intestin

C’est la clé de voûte de votre santé, il détermine en effet en grande partie vos capacités de digestion, la maturité de votre système immunitaire et la prévalence de nombreuses pathologies (maladies inflammatoires chroniques, troubles immunitaires, diabète, obésité, hypertension, maladies neurodégénératives, cancer, etc.). Il est pourtant malmené par la pratique sportive régulière, surtout la course à pied du fait des sollicitations mécaniques de la foulée et des variations de débit sanguin.

En pratique :

 

Faites la part belle aux produits bruts, de saison et locaux 

Privilégiez en particulier les végétaux de saison, bio et/ou d’origine locale si l’agriculteur n’utilise pas de pesticides. Il en est de même pour les produits céréaliers complets (pain complet par exemple) et pour les produits torréfiés (café, chocolat), le thé et les infusions.

 

Curcuma et poivre, cannelle, clou de girofle, choux et brocolis (sous forme de jeunes pousses non surgelées), ail frais ou mariné et toujours bien mastiqué, aromates (thym, romarin, laurier, basilic, menthe, persil, cerfeuil, ciboulette, estragon, aneth), petits fruits (myrtilles, mûres, framboise, fraises, goji, açaï, etc.), gingembre, concentré de tomates bio, thé vert ou thé blanc (au moins 2 tasses par jour), chocolat riche en cacao (min. 70 à 85% de cacao, voire directement les fèves de cacao crues si vous les aimez), éventuellement un verre de vin rouge jeune et bio si vous en consommez (l’alcool est à consommer avec modération). Cuisinez idéalement les épices avec un peu d’huile pour favoriser la disponibilité de leurs principes actifs et ne pas les porter à haute température.

Quelques autres conseils d’alimentation quotidienne

La liste d’autres conseils que je pourrais vous proposer au quotidien est bien longue ! En voici quelques-uns de manière assez simple :

Et le meilleur pour la « faim » … prenez du plaisir !

L’alimentation est donc « juste » une fabuleuse opportunité de prendre soin de soi en se faisant plaisir, en conscience. Sans interdits.

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