Contrôle anti-dopage, balises GPS et huissier
=> Comment as tu validé ton record ? [caption id="attachment_52677" align="alignright" width="225"]Parcourir la muraille de Chine
=> Pourquoi cette idée de traversée ? J’arrive plus à trouver la motivation pour les courses comme par le passé ; même en 2011, lorsque je termine 2nd du Grand Raid de La Réunion, je n’ai pas eu autant de plaisir que de gagner des courses moins prestigieuses quelques années auparavant. J’ai du mal à retrouver cette fougue du dossard et de la compétition, peut-être parce qu’avec l’âge on devient moins performant. J’aime bien faire des choses nouvelles, j’ai du mal à répéter les choses et les courses pour gagner 1 place ou 10 minutes. Je m’étais lancé le projet un peu fou de traverser la muraille de Chine par des tronçons sauvages et non touristiques autour de Pékin. Après quelques repérages cartographiques et des renseignements collectés j’arrivai à 680 km, c’était l’origine du projet, mais c’est difficilement réalisable à cause des autorisations Chinoises. Officieusement je serai autorisé à le faire mais l’on m’interdit de communiquer dessus, c’est donc délicat aujourd’hui en terme de financement sans des relais médiatiques. Je me suis un peu obstiné dans un projet comme ça et j’ai eu cette envie du GR5. En Janvier 2013, j’ai réalisé mon Run Trip à la Réunion (440 km en 104 heures / 27 200 D+). C’était à la fois une bonne occasion pour me tester sur des distances aussi longues (lucidité, réaction du corps et du mental…) mais aussi de tester mon équipe (logistique, médicale…).Pascal Blanc : «au départ, j’étais déjà à l’arrivée…»
=> Tu as pris du temps au repérage de ce GR5 ? Oui, je suis arrivé mi juin, j’ai effectué une reconnaissance en 15 jours fin juin pour voir le parcours, repérer des secteurs que je connaissais pas, rencontrer des gens et les gardiens de refuge pour expliquer mon projet, j’ai d’ailleurs eu un accueil formidable. Mais c’était aussi une manière de réadapter ma chaîne musculaire, car à La Réunion c’est un terrain différent, plus en marche qu’en course. J’ai pris la mesure du défi, il fallait que je coure à l’équilibre sans taper dans les réserves en m’économisant. Mentalement au départ, j’étais déjà à l’arrivée, j’étais confiant en sachant que j’irai au bout. J’avais beaucoup travaillé le mental, la respiration et lu des récits de skipper sur la gestion du sommeil. J’avais une équipe solide avec des potes, un gros soutien moral et on avait bien préparé cela, tout ou presque avait été anticipé. C’est un gros travail d’équipe, loin d’être un exploit individuel. C’est cela l’esprit Ultra Skyrace, des copains venus m’accompagner, restés dans l’ombre, juste partager un moment, sans doute un état d’esprit qui se perd un peu dans le Trail. On en sort tous victorieux.Pascal Blanc : « j’arrivai à dormir en courant »
=> comment as tu géré ce défi au fil de ta progression ? Pour pouvoir passer autant de temps, il faut raisonner en cycles journaliers avec le soleil. J’arrivai à dormir en courant, au bout d’un moment ça fait comme un pendule, je me retrouvai sous hypnose, j’avais un coéquipier qui courrait devant moi la nuit avec une paire de Trabucco sur lesquelles il y a 2 bandes phosphorescentes et je suivais ce rythme, ça m’endormait. Seul un léger changement de rythme ou de foulée me réveillait, à presque sursauter, et c’est à ce moment là que je me rendais compte que j’avais dormi. Quand je titubais, je dormais ½ heure avant le lever du jour pour vraiment avoir la sensation de commencer une nouvelle journée. Je prenais alors un café, des tartines pain / beurre (comme à la maison) et ça repartait sur un bon pied pour une journée « normale », les repères étaient bons. Mes ravitaillements, une trentaine, étaient tous organisés de la même manière, je mangeais, je me lavais les jambes et les pieds, je me faisais masser et le médecin m’auscultait pendant que je dormais pour des temps je m’étais donné, entre 30min et 1h, je me réveillais et je repartais requinqué. => as tu eu des moments de doutes pendant le défi ? Je n’ai jamais douté, juste parfois eu peur de ne pas trouver de solutions à quelques petits soucis, mais ceci n’a jamais été contraignant. Dans la descente du col de l’Iseran, après le refuge du Palais, mon pied s’est accroché et j’ai senti un pincement, j’avais mal entre Bessans et Refuge du plan du Lac, c’est à ce moment là que c’est déclenché ma tendinite du releveur. J’avais pas de diagnostic médical et je cogitai, il faisait froid avec de la pluie, le médecin m’a examiné, m’a strappé et ensuite il a décidé de me bloquer la cheville….la solution était trouvée. Un peu plus tard, Romain Olivier, m’a accompagné et il m’a dit « t’inquiète pas la douleur c’est rien, t’es un homme de fer » et ça m’a reboosté. J’ai fait 40 heures non stop au départ, mais le médecin m’a vraiment conseillé de faire 1h de sommeil à la place des 1/2h initialement prévues. Au bout de 70 heures, j’ai eu des hallucinations assez fortes, je voyais des arbres sur la route, des panneaux inclinés, un chien qui mordait le coureur qui m’accompagnait….. Ça te mets dans un autre monde, c’est des sensations autres, mais physiologiquement c’est un peu boarderline et risqué. J’ai suivi les conseils du médecin en augmentant un peu le temps de sommeil et c’est passé.Pourquoi pas le GR 10 ?
=> tes prochaines semaines ?