PHOTOS CHAMPIONNATS DE FRANCE DE TRAIL 2015
VIDEO CHAMPIONNATS DE FRANCE DE TRAIL 2015
Le peloton le plus matinal à s’élancer fut celui du Trail Long. A 5h30 ce matin, les frontales illuminaient ainsi les ruelles d’un Mont Dore encore endormi. Une pleine lune grandiose éclairait un peu plus le chemin des concurrents. L’atmosphère était fraîche (8°C), mais le terrain sec et les conditions idéales pour courir. Le scénario de course allait s’écrire rapidement, les favoris se détachant logiquement dès les premiers kilomètres, sitôt passée la première difficulté du col du Capucin. On retrouvait là Sylvain Court, champion du monde 2015, flanqué de Tony Moulai (ancien triathlète olympique), Sébastien Spehler, Benoît Cori, et Patrick Bringer (Lire son interview d’avant course), le seul vétéran de ce quintet plein d’avenir. Quatre d’entre-eux faisaient d’ailleurs partie de l’équipe de France championne du monde de trail en mai dernier à Annecy, on se doutait donc bien que la victoire et le podium allaient se jouer entre ceux-là. Encore fallait-il deviner dans quel ordre. Jusqu’à mi-course le quintet se tenait encore en une grosse minute. Puis Sébastien Spehler, et bientôt Tony Moulai, allaient s’égarer brièvement, donnant un peu d’air, malgré eux, au trio Cori-Bringer-Court. Un drôle de jeu allait ensuite se dérouler au fil des montagnes russes du parcours : Sylvain Court survolait les descentes, tandis que le duo Cori-Bringer s’attachait à le rattraper, puis le dépasser dans les montées, afin de prendre un petit avantage avant la prochaine descente."Cette victoire est énorme pour moi" : P. Bringer
Un jeu du chat et de la souris qui allait perdurer jusqu’à l’ultime montée, celle du Puy de Sancy, à environ 15km de l’arrivée. A cet endroit qu’il savait stratégique, Patrick Bringer allait appuyer sur l’accélérateur, suivi comme son ombre par Benoît Cori. Au sommet, 2’30 les séparait de Sylvain Court. Même si une longue descente suivait jusqu’au Mont Dore, l’écart allait s’avérer irrémédiable. L’enfant du pays, Patrick Bringer, s’offrait une sortie triomphale pour conclure sa carrière de haut niveau, comme il en avait rêvé, en décrochant ce titre national à bientôt 40 ans, devant Benoît Cori et Sylvain Court. « Je savais que j’étais bien préparé » dira le vainqueur à l’arrivée. « Mais après, on ne connaît pas le niveau de forme des adversaires. Cette victoire est énorme pour moi, en tout cas. Je ne me suis pas affolé quand Sylvain est parti rapidement. Je connaissais bien le parcours, les temps de passage, on savait que Sylvain volait dans les descentes, et qu’il fallait qu’on lui reprenne du temps en montée. Au final, on réalise un chrono énorme (ndr : 5h21 soit 11,19km/H de moyenne pour le vainqueur), ça montre bien la bataille qu’on s’est livrée » concluait Bringer."Cela fait du bien" : Maud Gobert
L’expérience aura également primé chez les filles. Et la décision se sera également faite dans les ultimes kilomètres, après une remontée fantastique de Maud Gobert dans la dernière ascension du Puy de Sancy. Reboostée par une belle expérience sur la Gore Tex Transalpine Run avec Caro Freslon et un 10km d’Annecy couru en moins de 38 minutes, la skieuse de Valloire sera revenue sur la jeune Anne-Lise Rousset, pour la décrocher, et lui ravir le titre de championne de France - Lire ITW de la rencontre Maud Gobert / Anne Lise Rousset ICI. « Ca m’a un peu embêtée, quand même, de devoir la laisser » dira, sincèrement, Maud Gobert. « Si cela n’avait pas été sur un Championnat de France, je pense qu’on aurait fini main dans la main. Mais là, sur un championnat fédéral, je sais que ça peut causer des soucis au niveau chrono, classement, donc j’ai filé vers l’arrivée » expliquera la désormais triple championne de France. « Je n’en reviens pas de cette victoire, quand même », poursuivra Maud Gobert, reléguée à mi-course à 7 minutes de Rousset. « Comme d’habitude, je n’avais aucune stratégie prévue, mais j’ai vite compris que j’avais du jus, des forces, aujourd’hui. Alors j’en ai profité ! Et on a fait une belle course d’équipe avec Stéphanie Duc (3e) pour revenir sur Anne-Lise dans le final. Cette victoire conclut une année un peu difficile, donc elle fait du bien ! » dira Maud Gobert.