Aérobie/anaérobie D’un premier abord, nous pourrions penser que la répartition des entraînements selon les voies aérobie/anaérobie répond à ce concept de polarisation. Cela serait trop simpliste car nous savons bien que les intensités cibles sont différentes selon le type de trail et selon l’expertise des pratiquants. Certains trails de courte distance se courent à 80% d’intensité alors que les ultra trails ne dépassent jamais les 60%. La dynamique des charges d’entraînement est donc nécessairement différente, et la sollicitation de la filière anaérobie est-elle nécessaire pour les ultra traileurs ? Pour répondre à ces questions, revenons à l’essentiel : Le trail est une discipline aérobie continue, mais cela n’empêche pas dans certaines circonstances (départ, côte raide…) de solliciter également la voie anaérobie. Ce sont l’intensité et la durée de l’exercice qui déterminent conjointement les filières utilisées. Ces filières se caractérisent par la nature des substrats énergétiques dégradés (ATP, phosphocréatine, glucides, lipides), et ces substrats possèdent des vitesses de déplétion et de réplétion propres. La déplétion des réserves énergétiques est fréquemment illustrée par la fameuse courbe de Howald qui rend compte du délai d’intervention des substrats dans la fourniture énergétique. Dans le temps, les différentes filières s’interpénètrent mais la voie aérobie n’est disponible qu’au bout de quelques minutes (variable selon les conditions d’échauffement et les qualités de l’athlète). La finalité est de reconstituer la molécule d’ATP, la seule utilisable par le muscle, permettant la contraction et par extension la locomotion du système musculo-tendineux-squelettique. La voie anaérobie est quant à elle subdivisée en deux systèmes distincts, le système anaérobie alactique et le système anaérobie lactique. Le premier utilise les réserves de phosphocréatine pour la reconstitution de l’ATP et permet le déploiement d’une énergie maximale, sur un laps de temps très restreint (3 à 7s en Puissance, 7 à 15s en capacité). Le deuxième se sert de la glycolyse (dégradation du glucose) pour le renouvellement de l’ATP, offrant un déploiement d’énergie modéré mais plus durable dans le temps (15 à 30s en Puissance et 30s à 3 min en Capacité).