Le Rinjani 100, un ultra volcanique au pied du deuxième sommet d’Indonésie
Le Rinjani 100 est un ultra-trail Indonésie organisé chaque année par Fonesport (Fonesport Ultra Nusantara) au cœur du Taman Nasional Gunung Rinjani, dans la province de Nusa Tenggara Ouest. La course est reconnue par l’ITRA et inscrite à l’UTMB World Series, deux labels qui attestent de la fiabilité de son chronométrage et de la mesure de ses profils. En 2026, l’épreuve fête sa quatorzième édition, signe d’un événement désormais bien installé dans le calendrier du trail Lombok et de la course en sentier Indonésie.
Ce qui distingue cet événement, c’est moins l’exotisme que la verticalité. Le tracé long relie Senaru, sur le versant nord couvert de jungle humide, à Sembalun, sur le versant est aux allures de savane d’altitude, en franchissant la caldeira du volcan. Entre les deux villages-portes, les coureurs basculent d’un univers à l’autre : moiteur tropicale dans les bas, air sec et raréfié sur les hauteurs. Si l’altitude vous intéresse comme terrain d’entraînement, notre article consacré à courir au pied du Kilimandjaro prolonge utilement la réflexion sur l’ultra volcanique.
Le Gunung Rinjani, terrain de jeu du trail à Lombok
Le Gunung Rinjani culmine à 3 726 m, ce qui en fait le deuxième volcan le plus haut d’Indonésie et le point culminant de l’archipel de Nusa Tenggara Ouest. Son sommet domine une caldeira d’environ 6 sur 8,5 kilomètres, au fond de laquelle repose le lac de cratère Segara Anak, à près de 2 000 m d’altitude. C’est dans ce vaste amphithéâtre minéral que le volcan Rinjani trail prend tout son sens : on y court entre forêt tropicale, pentes de cendre et bordure de caldeira.
Le massif est protégé depuis 1997 par le parc national du Gunung Rinjani. Au centre du lac fume encore le Gunung Baru, ou Baru Jari, cône secondaire né des éruptions récentes : une odeur de soufre flotte parfois sur l’eau turquoise. Ce décor, classé parmi les plus spectaculaires de l’Indonésie, fait du Rinjani un terrain de trail aussi photogénique qu’exigeant. Depuis Lombok, l’île de Bali et le Mont Agung se devinent à l’horizon par temps clair, rappel que l’on court ici sur la ceinture de feu du Pacifique.
Quelles distances et quels profils propose le Rinjani 100 ?
Le Rinjani 100 propose six formats pour l’édition 2026 : 12, 27, 36, 60, 100 et 162 kilomètres. Le nom de l’épreuve renvoie à la distance phare de 100 km, mais l’éventail couvre aussi bien le coureur curieux de découvrir le terrain volcanique sur 12 km que l’ultra-traileur aguerri visant les 162 km et leurs 13 413 m de dénivelé positif. Cette amplitude explique la popularité de l’événement : on y vient pour s’initier comme pour se confronter à l’un des profils les plus durs du continent.
Le dénivelé Rinjani 100 est précisément ce qui rend la course si redoutable. Les profils mesurés par l’UTMB World annoncent 5 414 m de D+ sur le 60 km et 13 413 m sur le 162 km. Le 36 km, baptisé « Rinjani Peak », cumule déjà environ 3 179 m de dénivelé positif. Quant au format reine de 100 km, il dépasse les 9 000 m de D+ ; les valeurs publiées oscillant autour de 9 500 m, mieux vaut retenir cet ordre de grandeur que figer un chiffre exact. Pour un lectorat français, sachez que l’ascension du Ventoux depuis Bédoin représente environ 1 600 m de D+ : le 100 km du Rinjani équivaut donc à cinq ou six montées du Géant de Provence enchaînées.
Formats, dénivelé positif et barrières horaires du Rinjani 100 (édition 2026, à revérifier au règlement officiel)
Les barrières horaires donnent la mesure de l’engagement. Le 100 km dispose de 36 heures pour rallier l’arrivée, le 162 km de 55 heures : on parle donc de plusieurs nuits passées sur les sentiers, frontale vissée au front. Le tracé long suit la route « Senaru », point-à-point qui mène le coureur de Senaru vers le sommet puis bascule vers Sembalun. La descente technique sur scories, genoux fléchis et bâtons plantés, est souvent ce qui sépare les finishers des abandons.
La difficulté ne tient pas qu’aux chiffres. Le terrain volcanique trail mêle marches taillées dans la roche, sentiers de jungle glissants et longues pentes de cendre où l’on glisse d’un demi-pas à chaque foulée. À cela s’ajoutent la chaleur des bas et l’altitude des hauteurs. Avant de s’inscrire, mieux vaut avoir déjà terminé un trail à fort dénivelé : les formats longs supposent une vraie expérience de l’ultra et une autonomie complète, sans qu’aucun seuil officiel de points qualificatifs ne soit ici affirmé.
Quand courir le Rinjani 100 et comment s’inscrire ?
La meilleure période pour courir le Rinjani 100 correspond à la saison sèche de Lombok, qui s’étend d’avril à octobre environ. L’édition 2026 se tient du 1er au 3 mai, soit en plein cœur de cette fenêtre favorable : sentiers moins boueux, meilleure visibilité sur la caldeira et risques météorologiques réduits. Le parc national applique d’ailleurs une fermeture saisonnière autour de janvier à mars, durant la saison des pluies, pour des raisons de sécurité ; la saison 2025 était par exemple ouverte du 3 avril au 31 décembre.
L’inscription se fait directement auprès de l’organisateur, Fonesport, via son site officiel. Les tarifs varient selon le format et la fenêtre d’inscription, avec des tarifs « early bird » plus avantageux que les inscriptions tardives ; les longues distances de 100 et 162 km sont logiquement plus chères que les petits formats. Plutôt que de citer un montant qui risque d’être obsolète, consultez la grille « Race Fee » officielle au moment de votre engagement. Pour structurer votre saison autour de cet objectif, notre dossier sur l’entraînement en altitude à Iten donne des repères utiles.
Le terrain volcanique et l’altitude : la double contrainte de Lombok
Courir en altitude sur un volcan tropical, c’est affronter deux contraintes qui se cumulent rarement ailleurs. Le parcours évolue des bas, où la moiteur tropicale colle au maillot, jusqu’aux abords du sommet à 3 726 m, où l’air se raréfie franchement. Le lac Segara Anak, au fond de la caldeira, se trouve déjà à près de 2 000 m : dès cette altitude, la respiration s’accélère et la récupération à l’effort ralentit. Le mal aigu des montagnes (MAM) devient un risque réel pour qui monte trop vite sans acclimatation.
Le terrain volcanique ajoute sa propre signature. Les scories — cette cendre noire et ces graviers de latérite — absorbent l’énergie à la montée et fuient sous le pied à la descente. Les bâtons de trail ne sont plus un luxe mais un outil de survie pour économiser les quadriceps sur des pentes interminables. Entre la jungle humide de Senaru et la savane d’altitude de Sembalun, le coureur change plusieurs fois de microclimat en quelques heures : il faut savoir gérer simultanément l’hydratation, les électrolytes et la couverture thermique. C’est cette équation à plusieurs inconnues qui fait du Rinjani un terrain d’apprentissage exceptionnel.
Préparer le Rinjani 100 : dénivelé, chaleur et acclimatation
Préparer le Rinjani 100 revient à entraîner trois qualités en parallèle : la capacité à encaisser un dénivelé colossal, la tolérance à la chaleur tropicale et l’adaptation à l’altitude. Le travail du D+ est prioritaire. Multipliez les sorties longues avec dénivelé, en cherchant à cumuler en une séance l’équivalent de plusieurs ascensions de référence. Soignez tout particulièrement les descentes longues : ce sont elles qui détruisent les cuisses sur scories, et un renforcement musculaire régulier des quadriceps et des fessiers limite la casse sur la seconde moitié de course.
La gestion de la chaleur se prépare en amont. Une acclimatation à la chaleur et à l’humidité, par des séances en conditions chaudes ou une arrivée anticipée sous les tropiques, améliore nettement le confort et la performance. Pour l’altitude, l’idéal est d’arriver sur place quelques jours avant le départ afin de laisser l’organisme s’adapter ; en cas de doute sur le mal aigu des montagnes, suivez les recommandations sanitaires de référence et ne forcez jamais une ascension malgré des symptômes. Pour approfondir la préparation ultra-trail tropical, consultez notre guide dédié à s’entraîner au trail sous les tropiques.
Bon à savoir — Le Gunung Rinjani est un stratovolcan actif, surveillé par l’agence géologique indonésienne (PVMBG), avec un cône secondaire en activité, le Baru Jari, au cœur de la caldeira. Le parc national peut fermer ponctuellement pour activité volcanique ou conditions météorologiques, en plus de sa fermeture saisonnière habituelle autour de janvier-mars. Vérifiez l’état d’ouverture du parc et les éventuelles restrictions d’accès avant votre départ.
Le matériel pour un ultra volcanique tropical
Le matériel doit répondre à la double contrainte chaleur-altitude et aux longues sections nocturnes. La liste qui suit reste indicative : reportez-vous au règlement officiel de Fonesport pour le matériel obligatoire à jour de l’édition que vous visez.
Une frontale fiable avec piles ou batteries de rechange, indispensable sur les formats longs courus de nuit.
Une réserve d’eau suffisante et de quoi recharger en électrolytes pour gérer la chaleur tropicale et l’humidité.
Des bâtons de trail, précieux à la montée comme sur les descentes techniques de scories.
Une veste imperméable et un vêtement chaud pour les abords du sommet, où la température chute.
Une couverture de survie et le matériel de sécurité d’usage en autonomie.
Fiche pratique : accès à Lombok, logistique et budget
L’accès à Lombok pour la course passe le plus souvent par Bali. Depuis l’aéroport de Denpasar (DPS), un vol intérieur d’environ 45 minutes rejoint l’aéroport international de Lombok (LOP). Comptez un ordre de grandeur d’une soixantaine d’euros pour ce vol aller, variable selon la saison et la compagnie. Depuis l’aéroport de Lombok, les transferts routiers mènent ensuite vers les deux villages-portes de la course : environ 85 km et 2 h 30 à 3 h pour rejoindre Senaru, autour de 100 km et 3 h à 3 h 30 pour Sembalun.
Côté budget, raisonnez en trois postes : l’inscription, qui dépend du format et de la date d’engagement ; le transport, avec le vol international jusqu’à Bali puis le vol intérieur vers Lombok ; et le séjour sur place, hébergement compris au camp de base et dans les villages d’altitude. Les hébergements de Senaru et Sembalun, habitués aux trekkeurs du Rinjani, offrent des solutions simples et abordables. Pour prolonger la course par la découverte de Lombok ou des îles voisines, organiser un voyage en Indonésie avec Nomadays permet de confier transferts et étapes à une équipe locale. Prévoyez plusieurs jours sur place pour l’acclimatation et la récupération, ce qui pèse aussi dans le budget global. Pour les frais d’entrée au parc national, vérifiez s’ils sont inclus ou non dans l’inscription auprès de l’organisateur.
Lombok, une destination de trail à part entière
Au-delà de la course, le Rinjani 100 révèle une destination encore peu fréquentée par les traileurs francophones. Lombok conjugue un volcan majestueux, une caldeira spectaculaire et une culture d’accueil tournée vers la montagne, à l’écart de l’effervescence balinaise. Courir ici, c’est accepter d’apprendre un terrain neuf, de doser son effort entre moiteur et altitude, et de se laisser surprendre par le lever du jour sur le lac Segara Anak après une nuit à la frontale. L’Indonésie compte désormais parmi les terres d’ultra à connaître ; le Gunung Rinjani en est la porte d’entrée la plus saisissante. À vous de choisir votre format, de bâtir votre préparation et de viser, un jour, le sommet du volcan.
FAQ — Rinjani 100, ce qu’il faut savoir avant de s’inscrire
Qu’est-ce que le Rinjani 100 ?
Le Rinjani 100 est un ultra-trail organisé par Fonesport sur les flancs du Gunung Rinjani (3 726 m), deuxième volcan d’Indonésie, à Lombok. Il propose six formats — 12, 27, 36, 60, 100 et 162 km — réputés pour un dénivelé positif extrême et un terrain volcanique tropical. La course est reconnue par l’ITRA et inscrite à l’UTMB World Series.
Quel est le dénivelé du Rinjani 100 ?
Le dénivelé positif varie selon le format : environ 3 179 m sur le 36 km, 5 414 m sur le 60 km et 13 413 m sur le 162 km, d’après les profils mesurés par l’UTMB World. Le format reine de 100 km dépasse 9 000 m de D+, soit l’équivalent de cinq à six ascensions du Ventoux depuis Bédoin enchaînées.
Quelle est la meilleure période pour courir le Rinjani 100 ?
La course se tient en saison sèche, qui s’étend à Lombok d’avril à octobre environ. L’édition 2026 est programmée du 1er au 3 mai, en plein cœur de cette fenêtre : sentiers moins boueux, meilleure visibilité et risques météo réduits. Le parc national ferme habituellement de janvier à mars durant la saison des pluies.
Comment se préparer à l’altitude et à la chaleur du Rinjani 100 ?
Combinez trois axes : un gros travail du dénivelé avec descentes longues et renforcement des cuisses ; une acclimatation à la chaleur et à l’humidité par des séances en conditions chaudes ; et une arrivée anticipée sur place pour laisser l’organisme s’adapter à l’altitude, le sommet culminant à 3 726 m. Surveillez tout signe de mal aigu des montagnes.
Faut-il une expérience d’ultra pour s’inscrire au Rinjani 100 ?
Pour les formats longs (100 et 162 km), une expérience confirmée d’ultra à fort dénivelé est vivement recommandée : le terrain technique, le dénivelé extrême et les sections nocturnes en autonomie exigent un coureur aguerri. Les petits formats, comme le 12 ou le 27 km, restent plus accessibles. Vérifiez les éventuels prérequis au règlement officiel avant de vous engager.
Comment accéder à Lombok pour la course ?
L’accès se fait généralement via Bali : depuis Denpasar (DPS), un vol intérieur d’environ 45 minutes rejoint l’aéroport international de Lombok (LOP). De là, comptez environ 2 h 30 à 3 h de route pour Senaru (85 km) et 3 h à 3 h 30 pour Sembalun (100 km), les deux villages-portes de la course.