Disposer d’une stratégie mentale lorsqu'on s'attaque à un ultra trail, et avoir imaginé une préparation mentale en vue de l'objectif, c’est catalyser la réaction qui, à partir des ingrédients que sont la préparation physique, la nutrition, le matériel et la technique, aboutit à la performance. Les habiletés mentales sont pourtant les facteurs de réussite les moins connus et développés à l’entraînement comme en compétition. Voyons comment en prendre conscience et y remédier rapidement.
Par Pascal Balducci
Consciemment ou inconsciemment, chaque coureur adopte une stratégie mentale, une manière de se représenter la course, puis de la vivre. Mais quand on ne choisit pas, on augmente le risque de subir les événements. Voici 10 conseils pour garder le contrôle et conserver toutes ses chances d’atteindre ses objectifs.
1 -L'important, ce n'est point le triomphe, mais le combat.
Certes vous avez beaucoup investi pour être aujourd’hui au départ ; certes vous avez opéré des choix (et non des sacrifices) souvent contraignants pour votre entourage, et qui constituent une pression difficile à gérer et pouvant dépasser vos ressources. C’est la définition même du stress. Mais apprenez à relativiser les événements et à les mettre en perspective : votre vie ne dépend pas d’une course. Vous avez le droit d’échouer, et c’est en vous accordant ce droit que vous augmenterez vos chances de réussite. Et puis il y a le plaisir qui doit demeurer central dans la performance, du débutant au sportif de haut niveau. Si la contrainte voile le bonheur, vous n’êtes pas sur le bon chemin, trouvez une autre voie. Et puis, pour ceux qui aiment les citations stimulantes, en voici une moins connue de Pierre de Coubertin : « L'important dans la vie, ce n'est point le triomphe, mais le combat. L'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu. » Pour les plus pacifistes, l’essentiel n’est point le but mais le chemin : le chemin parcouru pour être parvenu jusqu’au jour J, et le chemin que vous allez parcourir à présent pour atteindre votre but. Alors, en marche !
2 – L’organisation matérielle, puissant anti-stress
Vous préparez physiquement votre ultra-trail depuis des mois, stratégiquement et mentalement. Vous devez aussi le préparer matériellement de A à Z : tenues, ravitos, assistance, trajets…, tout doit être fixé. La veille, tout le matériel doit être prêt et checké une dernière fois, au moyen d’une liste. Ce rituel pré-course est un bon moyen d’évacuer le stress qui naît souvent de l’impréparation qui fait place à la confusion puis à la panique. Une liste rassure car elle évite toute cogitation inutile. De même, le profil de la course doit être mémorisé, voire imprimé et plastifié. Le jour de la course, vous devez savoir exactement à quelle heure vous lever, manger, faire une éventuelle sieste pour un départ le soir, à quelle heure vous rendre sur la ligne de départ et par quels moyens. Il ne doit y avoir aucune improvisation !
3 – Stocker le sommeil !
Le stress, via la sécrétion d’hormones excitatrices, agit directement sur le sommeil et l’humeur. Et plus on stresse de ne pas dormir et moins on dort ! Le plus important est d’avoir bien dormi pendant les semaines et les jours précédant l’épreuve. La dernière nuit de sommeil est agitée pour une grande majorité de compétiteurs, mais si le départ a lieu en fin d’après-midi, rien ne vous empêche de faire une dernière petite sieste quelques heures avant.
Voici quelques conseils pour favoriser l’endormissement:
-Evitez une surcharge alimentaire au dernier repas.
-Evitez bien entendu les excitants et l’alcool.
-Ne vous couchez pas immédiatement après le repas mais offrez-vous un moment de détente : lecture, musique relaxante.
-Evitez les écrans qui nuisent à l’endormissement
-Au besoin, prenez une douche mais pas de bain.
-Si vous logez avec d’autres coureurs, évitez les discussions autour de la course qui entretiennent le stress.
-Privilégiez une bonne ergonomie de sommeil en prenant au besoin votre oreiller.